Progestérone vs Duphaston (didrogestérone) : progestatifs

Progestérone naturelle micronisée (Utrogestan) vs didrogestérone (Duphaston) : deux progestatifs de référence en gynécologie. Voies d'administration et indications.

Équipe éditoriale Quel médicament·Revu récemment

Progestérone naturelle et Duphaston (didrogestérone) : deux progestatifs aux profils distincts

La progestérone naturelle (Utrogestan) et la didrogestérone (Duphaston) sont deux progestatifs utilisés en gynécologie. La progestérone est identique à l'hormone produite par le corps humain, tandis que la didrogestérone est un stéroïde de synthèse proche de la progestérone naturelle. Leurs profils hormonaux et leurs indications diffèrent sur plusieurs points.

Nature chimique

Progestérone naturelle (Utrogestan) : c'est la progestérone bio-identique, de structure moléculaire identique à celle produite par le corps humain (corps jaune ovarien, puis placenta pendant la grossesse). Disponible en capsules orales (100 mg, 200 mg) et en gel vaginal (Crinone).

Didrogestérone (Duphaston) : c'est un stéroïde de synthèse, isomère rétro de la progestérone, avec une structure tridimensionnelle différente. Elle est dépourvue des effets androgènes, glucocorticoïdes et minéralocorticoïdes que peut avoir la progestérone à fortes doses.

Indications communes

Les deux sont indiqués dans :

  • La correction des insuffisances lutéales
  • Le soutien lutéal lors des traitements de procréation médicalement assistée (PMA)
  • La prévention de l'avortement spontané (menace de fausse couche)
  • Le traitement du syndrome prémenstruel et des mastalgies cycliques
  • La protection de l'endomètre lors d'un traitement hormonal substitutif (THS) par estrogènes

Différences pharmacologiques importantes

Progestérone naturelle :

  • Activité légèrement sédative et anxiolytique (via les métabolites neuroactifs, notamment l'allopregnanolone) — peut faciliter le sommeil, ce qui explique la prise orale le soir
  • Métabolisme hépatique important par voie orale, avec grande variabilité interindividuelle
  • La voie vaginale (Utrogestan par voie vaginale) permet une meilleure biodisponibilité locale pour l'endomètre avec moins d'effets systémiques
  • Effets systémiques à fortes doses : légère activité antimineralocorticoïde (natriurèse), légère activité glucocorticoïde

Didrogestérone (Duphaston) :

  • Pas de métabolites neuroactifs sédatifs — pas d'effet sur le sommeil
  • Bonne biodisponibilité orale, moins de variabilité que la progestérone naturelle
  • Activité progestative sélective, sans effets androgènes, glucocorticoïdes ni minéralocorticoïdes aux doses thérapeutiques
  • Ne perturbe pas l'ovulation (contrairement à certains progestatifs de synthèse)

Thrombose veineuse et progestatifs

Un point clinique important : la progestérone naturelle et la didrogestérone sont les progestatifs associés au plus faible risque thromboembolique veineux dans les études épidémiologiques. Elles sont donc préférées dans le THS par rapport aux progestatifs de synthèse plus androgènes (noréthistérone, lévonorgestrel).

Grossesse

Les deux sont utilisés pour le soutien lutéal en début de grossesse (fécondation in vitro, menace de fausse couche). La progestérone est depuis longtemps utilisée dans ce contexte ; la didrogestérone a des données croissantes de sécurité et d'efficacité dans la menace de fausse couche.

Conseils pratiques

La progestérone naturelle orale se prend le soir en raison de son effet sédatif. La voie vaginale (Utrogestan vaginal ou Crinone) est souvent préférée dans les protocoles de PMA. La didrogestérone (Duphaston) se prend le matin ou selon le schéma prescrit.

Demandez conseil à votre pharmacien ou médecin.